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Se rendre aux Îles Galapagos, n’est pas une mince affaire! Dans un premier temps, il y a des règles très strictes quant au quota de touristes acceptés chaque année, ce qui est une excellente chose! Aussi, le protocole de sécurité et d’aseptisation pour y entrer, est quelque chose de plutôt inusité! De l’aéroport de Quito (Équateur), tous les bagages sont inspectés, puis barrés avec des Tyrap particuliers, qui ne peuvent se défaire que par les douaniers rendu dans l’archipel. Rien ne peut y être ajouté par la suite. C’est d’ailleurs aussi la même procédure lorsqu’on déménage d’une île à l’autre en bateau. Puis, juste avant d’atterrir, les agents de bord vaporisent les compartiments des bagages à main avec un produit aseptisant, pour éviter la contamination de toute source externe risquant d’être introduite. Tout ce protocole est tout de même rassurant malgré tout, puisqu’il vise la préservation de ce patrimoine mondial, qui abrite rappelons-nous, un écosystème unique au monde. D’ailleurs, le terme « musée vivant » revient très souvent dans la littérature pour décrire les Îles. Elles abritent notamment, un nombre très élevé d’espèces animales endémiques et c’est l’un des points fondamentaux qui a mené Charles Darwin à sa théorie de l’évolution, entre-autres.

C’est donc après un vol de 3h, que nous avons atterri à San Cristobal située à près de 1000 km au large du continent. L’aventure dans un tout autre monde commença dès la sortie de l’avion, les deux pieds sur le tarmac jusqu’à l’aérogare, qui semblait être qu’un simple hangar ouvert! Un monde séparait déjà les protocoles du continent, et la vie aux Îles. C’est aussi là que j’ai compris quel sens donner au terme « dépaysement », à bord de notre premier tour de « ville » (faut le dire très rapidement), où je prenais place les deux fesses dans le fond d’une boîte d’un pickup, parmi nos bagages! Cela donna le ton au reste de ce séjour, inoubliable!

Quito, Équateur / San Cristobal, Îles Galapagos

Notre passage dans l’archipel des Îles Galapagos aura duré une semaine, dans lequel nous sommes resté sur les îles de San Cristobal, Santa Cruz et Isabela, en plus d’en visiter très brièvement d’autres lors d’excursions en mer et pour notre transport de retour en avion. Le déplacement d’une île à l’autre peut se faire en avion, ou en bateau haute vitesse. Nous avions opté pour le bateau, ce qui fut vraiment, une aventure très désagréable… La haute vitesse est essentielle pour la durée du transport (au moins 2h entre les îles et je n’ose pas imaginer en bateau « régulier »), cependant, je peux vous dire avec une certitude plus que certaine, que cela peut paraître une éternité quand la tempête prend en mer et que les conditions deviennent subitement incontrôlables! J’ai aussi appris avec cette mauvaise expérience, que le Gravol au gingembre, c’est purement du placebo puissance mille!

Visiter les Îles Galapagos comblait dans mon cas, un rêve que j’entretenais depuis très longtemps. Mon amour pour la nature et les animaux, mes études en biologie et mon nouvel intérêt pour la photographie, j’avais là une opportunité en or entre les mains. L’équipement photographique est arrivé bien sûr avec les années; je partais donc avec du matériel de base et sans téléobjectif, également, avec des connaissances techniques et terrain aussi très sommaires.


J’ai eu la chance d’observer un nombre démesuré d’espèces animales, à mon plus grand bonheur, entre les classiques et celles qu’on ne retrouve que dans cette partie du globe. Mes souvenirs oscillent autant entre mes expériences sur terre, que celles en mer. Dans les ports de pêche, les otaries peuplent les endroits publiques, imperturbables, entravant même le travail des pêcheurs, n’hésitant pas à voler de leurs prises au passage. Le jour, on les retrouve endormies sur les plages, sur les bancs, les escaliers, les quais et sur les bateaux accostés; tandis que le soir, les mâles s’animent d’une enthousiasme symphonie cacophonique de leurs vocalises étouffantes. De quoi égayer n’importe quel souper terrasse quoi!

Je me souviens le premier contact que nous ayons eu avec une otarie, c’était un bébé, et c’est précisément le moment où je suis tombée sous le charme de cet animal, littéralement! Notre guide nous avait bien mis en garde avec les otaries, afin de garder nos distances puisqu’elles peuvent être très « entreprenantes ». Nous avons tôt fait de comprendre pourquoi, en arrivant dans la crique de Las Tijeretas. Il y avait plusieurs bébés, dont un, qui se promenait d’otarie en otarie, visiblement à la recherche de sa maman. Nous avons constaté à quel point entre elles, les otaries peuvent se montrer agressives, le petit se faisant rejeter durement à chaque approche. Il n’est pas rare durant la journée que les femelles laissent les petits pendant plusieurs heures sur les plages, pendant qu’elles partent à la pêche, ce qui devait être clairement le cas de celui-ci. Nous étions toutes assises dans le sable, entrain d’admirer le paysage et les otaries endormies, quand le petit en question est venu vers nous, d’une démarche pour le moins très assurée! Toujours plus près, de plus en plus près, jusqu’à nous, jusqu’à nos pieds, jusqu’à jouer un instant avec les sangles d’un sac à dos déposé dans le sable! Calmement, nous nous sommes retirées lui laissant toute la place, afin qu’il continue sa quête et c’est ce qu’il fait. Le séjour commençait très bien!

Les activités sur les Îles m’ont permises de visiter aussi des centres d’interprétation, des stations scientifiques, des réserves écologiques, des plages, des mangroves, ainsi que de faire quelques randonnées toutes très intéressantes. Entre les reptiles et les oiseaux, les observations étaient toujours au rendez-vous! De ces observations, les plus extraordinaires pour moi restent encore les fous à pattes bleues, les fous masqués, les manchots des Galapagos, les iguanes marins, les tortues géantes, et les tortues marines, pour ne nommer que celles-là!


Voyez-vous ce qui dort dans la photo de droite?

Puis, à notre horaire, nous avions aussi des plongées en apnée qui étaient planifiées, en bord de mer, ainsi qu’au large. Vous devez savoir que je suis possiblement la personne la moins à l’aise dans l’eau, ayant passé très près de me noyer en très bas âge et j’en ai toujours gardé une peur immense. Donc, ce n’était pas là l’activité qui me motivait le plus et pour être honnête, j’avais même prévu rester sur le bateau, plutôt que de risquer de perdre connaissance au beau milieu du Pacifique! Et puis, question d’aider vraiment ma cause, j’ai eu la bonne idée de demander au guide avec lequel nous étions, s’il y avait des requins à l’endroit où nous allions… « Bien sûr, vous êtes aux Îles Galapagos, il y a des requins partout ici! Mais ne soyez pas inquiète, ils sont végétariens! ». Dans la vie, on peut dire que je suis quelqu’un qui aime beaucoup le sarcasme, mais à cet instant précis, j’aurais été beaucoup plus rassurée s’il m’avait garroché une poignée de statistiques sur le jeun des requins mettons! Puis, après des heures de conditionnement, j’ai une petite voix intérieure qui m’a dit : « Voyons donc fille! T’es aux Îles Galapagos, AUX ÎLES GALAPAGOS BAPTÊME! Arranges-toi pas pour regretter de ne pas l’avoir fait et de ramener tes remords à Québec, parce que tu risques de ne jamais avoir cette opportunité là à nouveau! ». Alors j’ai sauté! J’ai mis palmes, masque, et tuba; j’ai mis une veste de flottaison et pris une frite de piscine par peur de couler comme une roche, j’ai marché jusqu’à l’arrière du bateau et sans m’arrêter, j’ai sauté! Je dois mentionner que la première plongée que nous avons faite, c’était en eau peu profonde… MAIS, j’avais réussi et j’étais tellement fière de moi, que j’ai même gobé quelques bouillons à vouloir crier ma joie dans mon tuba!!! Erreur de débutante! Ces petites plongées étaient une belle introduction aux excursions en haute mer, où nous avons plongé en plein océan, perdus en mer à quelques heures de bateau des Îles principales!

En haute mer, le défi était davantage important pour moi, puisqu’il n’y avait pas vraiment de repères sur lesquels m’accrocher, outre ma singulière frite de piscine! Mais j’ai sauté, encore une fois, sans même la veste de flottaison (et je n’étais pas peu fière), avec la petite voix qui m’accompagnait. Je restais zen, mobile et super motivée, jusqu’au moment où le guide, de son accent espagnol, s’est mis à crier « SHARK, SSSHHHHHAAAARRRRRRK »! Sous mes pieds, la mer s’est ouverte encore plus profonde, comme si le Pacifique n’était pas encore suffisamment puissant sur ma peur… Cet instant, à été un moment particulièrement très difficile et j’ai dû me parler, beaucoup plus sérieusement que la simple petite voix elle-même, afin de me garder TOUTE consciente. Et j’ai réussi! Tellement, que les plongées auront été mes moments les plus forts de ce voyage! Parce que l’expérience fut incroyable et que j’en suis revenue, avec des souvenirs magnifiques et sans aucun remord! Nous avons eu la chance d’admirer des bancs immenses de raies Manta, nager parmi les tortues de mer, observer de loin (et de moins loin) des requins de différentes espèces, découvrir des poissons au nombre incalculable, sans oublier étoiles de mer, hippocampes, crabes et autres petits crustacés que je ne connais pas.

Les Îles Galapagos en quelques mots : faune abondante, nature sauvage, dépaysement total, rêve, aventure, peu de gens, peu de touristes, dépassement de soi, encore beaucoup de bananes plantain à manger!

Restez à l’affût pour la suite qui couvrira mon séjour au Pérou!